Cécile Prokop

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Âgée de 33 ans, pédiatre de formation, je suis devenue mère en 2013. Je me suis alors confrontée à des questionnements sur la manière dont nous élevons nos enfants et sur l’impact de nos méthodes éducatives sur leur développement.

J’ai lu à ce moment-là de nombreux livres sur la parentalité (Isabelle Filliozat, Alice Miller, Thomas Gordon, Jean Liedloff, Aletha Solter, Claude Didierjean-Jouveau, Ingrid Bauer, Catherine Dumonteil Kremer, ...). Certains m’ont particulièrement marquée : «Au coeur des émotions de l’enfant» d’Isabelle Filliozat , «C’est pour ton bien» d’Alice Miller, «Le concept du continuum» de Jean Liedloff, «Eduquer sans punir» de Thomas Gordon.

Toutes ces expériences et apports théoriques, ainsi qu’un travail sur moi-même, ont accompagné et transformé ma parentalité. J’ai ainsi expérimenté progressivement une relation plus respectueuse et plus à l'écoute avec ma fille et, par extension, avec mon entourage. Je cherche à cultiver le respect : respect de l’enfant en tant qu’être humain, respect de soi et de chaque personne dans son être, ses aspirations, ses passions, sa personnalité.

Les premières remises en question du système scolaire actuel sont venues à l'approche de la scolarisation de ma fille. Le système scolaire traditionnel n’était plus une option. La compétition, le classement, la valorisation de l’intellect au détriment de l’émotionnel et du manuel, la violence éducative ordinaire, le fait de devoir suivre un programme imposé et commun à tous les enfants au même moment : tous ces éléments ne correspondent plus aux besoins éducatifs d'un enfant dans le monde actuel. J’ai exploré les pédagogies alternatives les plus connues, sans vraiment m’y retrouver. Nous avons opté initialement pour une vie sans école (instruction en famille) puis pour le "unschooling" (les apprentissages informels). J’étais cependant insatisfaite de la vie sociale qu’entrainait ce choix.

Au cours de mes recherches sur les alternatives éducatives, j’ai découvert la Sudbury Valley School début 2016. Cela a été pour moi une révélation. Je nourris depuis ce temps-là un enthousiasme et une passion intenses pour cette approche. Progressivement, au fil de mes lectures, la nécessité de créer une école de ce type est devenue pour moi une évidence.

Actuellement, j’approfondis encore tous les jours ma compréhension de cette approche, à travers de nombreuses lectures, notamment des documents du Planning Kit for Sudbury Schools que j'ai acquis en mai 2016. J'ai fait un stage d'un mois à l'École Autonome en Belgique (mars 2017), j'ai visité durant une semaine la Sudbury School Gent (mars 2018) et j'ai été deux fois à la Sudbury Valley School  (deux semaines en mai 2017 et une semaine en mai 2018: la vidéo à propos de ma dernière visite est sur notre chaine YouTube ).

 

Ce qui me touche plus particulièrement dans cette approche éducative, c’est :

  • de permettre aux jeunes de suivre leurs centres d’intérêt, de développer leurs passions et leurs domaines d’excellence, indépendamment de la hiérarchie classique des savoirs (académiques, artistiques, manuels ou autres). La valeur des centres d'intérêt est déterminée par le jeune lui-même : personne n'évalue à sa place ce qu'il devrait faire de son temps. Chaque jeune peut ainsi se consacrer à ce qu'il souhaite. L’enfant (et l'adulte!) possède une capacité innée à apprendre, sans besoin d’être dirigé, motivé ou évalué. Ainsi, dans cette école, chaque personne est responsable de sa propre éducation.
 
 
  • l’égalité des droits en terme de respect et de dignité pour chaque personne, qu’elle soit  adulte ou enfant. Les enfants sont respectés comme des personnes à part entière. Ceci implique le refus de toute forme de violence, même minimale, et le refus de toute forme de condescendance ou d'infantilisation. La question fondamentale est : "Si l'enfant en face de moi était un adulte, est-ce que je me comporterais de la même façon, avec le même respect ?"
  • de pouvoir apprendre à être soi-même, en société. La création de règles communes permet à chacun de concilier ses besoins avec ceux des autres. Les débats nécessaires permettent à chacun de développer et d’affirmer ses opinions, de faire valoir ses droits, tout en respectant les opinions et les droits des autres.